Les Bourla-Papey ( les Brûle-papiers )

Le patois est encore fort pratiqué en ce temps : " Paix aux hommes, guerre aux papiers ! ".

Les campagnes ne sont pas plus paisibles que les villes. A la Révolution, on avait promis au paysans l'abolition des droits féodaux. Pendant deux ans, ces redevances ne sont pas perçues.

En manque d'argent, le gouvernement central les rétablit la troisième année et exige les arriérés. Les paysans refusent de payer, des biens sont saisis. Dès le printemps 1802, après Bâle en 1800, c?est Vaud qui s'enflamme.

Emmenés par Louis Reymond et ses acolytes, les Cuche et Bové de l'époque, les paysans vaudois se constituent en troupes menaçantes: 3'000 hommes au Signal d'Echichens ! On attaque les châteaux de La Sarraz, de Bière, Mollens, Pampigny, Saint-Saphorin, Vufflens et Denens. On exige les papiers, les terriers qui permettent de percevoir les impôts féodaux et on les brûle pour empêcher leur perception.

Armés de fourches et de baïonnettes, on monte à l?assaut du château de Morges et après de longs palabres on rentre au camp de Tolochenaz avec des papiers, des prisonniers, quatre canons et deux caissons.

En mai, 1'500 hommes marchent sur Lausanne. Le gouvernement central se fâche. On condamne à mort les chefs de l?insurrection ; ils échapperont à leur châtiment en fuyant à l?étranger. Grâce à Monod, ils seront amnistiés en juillet afin de ramener la paix dans les campagnes.

En juillet, les troupes françaises se retirent et la guerre civile éclate.

La Suisse connaît alors une situation semblable à celle subie par l'Ex-Yougoslavie.