La république Helvétique

" Engendrée dans l'orage, elle vit dans la tempête ! "

Les Français ont fait leur Révolution, ils ont guillotiné leur roi et ils proclament que tous les hommes sont égaux et qu'il n'y a plus ni maître, ni sujet.

Les Vaudois de 1798 ont bien compris la leçon et le 24 janvier, ils ont renvoyé leurs baillis bernois avec douceur !

Hélas, la situation du Pays tout entier ne s'est pas améliorée, au contraire: les cinq années qui nous séparent de 1803 sont peut-être les plus sombres de l'histoire de la Suisse.

En effet, peu après la Révolution Vaudoise, les troupes françaises sont entrées en Helvétie et enchaînent les batailles contre les troupes de l'ancienne Confédération des XIII cantons qui s'effondre complètement. Les Français saignent le Pays (par exemple Vaud doit fournir 4'000 hommes et 700'000 livres d'emprunt obligatoire). Ils imposent à tout le pays une organisation similaire à la France, une République Helvétique une et indivisible très centralisée et qui ne laisse aucun pouvoir aux 18 cantons. Pour nous, c'est le canton du Léman et l?apparition du découpage en districts.

Mais cette organisation ne convient absolument pas à notre pays, si divers par ses cultures, langues et religions différentes.

Nidwald se révolte, la répression est sanglante : 3 à 4'000 Français tués, 292 hommes, 118 femmes et 25 enfants chez les révoltés, Stans pratiquement détruite et lon voit Pestalozzi s'activer pour secourir les pauvres et les orphelins.

Des troupes autrichiennes et russes envahissent le pays pour combattre les Français. De plus, les Suisses se déchirent entre eux. Les coups d'état se suivent. Les partisans de l'Ancien Régime, les Fédéralistes, regrettent leurs privilèges, Berne voudrait retrouver ses anciens bailliages, les Unitaires craignent le retour des anciens droits fédéraux et l'indépendance de leur terre.

Nostalgiques du bon vieux temps et patriotes exaltés s'affrontent vigoureusement. Chez nous les plus virulents réclament la création d?une république vaudoise indépendante et les réactionnaires, craignant de ne plus être suisses, exigent par une pétition largement soutenue (11'476 signatures) le retour au régime bernois, paré de toutes les vertus.

La misère s'installe dans le pays. A Morges, la moitié des habitants ne peut être assujetti à l'impôt, faute de ressources ; il faut organiser des soupes populaires pour les plus démunis. En 1804, Vaud compte 12,5% de pauvres, 7% de chômeurs sur 150'000 habitants.